20/05/2006

FEMME DE TETE

 

Marie-Antoinette, la hype. En prévision du film de Sofia Coppola, dans les grandes librairies du quartier Louise et du centre-ville, on a placé des étals de bouquins racontant la vie de la plus célèbre pouffiasse de l’histoire de France. Sans doute verra-t-on également sous peu des documentaires à la télé, y seront une nouvelle fois programmés les aventures de la Marquise des Anges et des 4 Mousquetaires en guise d'apéritif.

 

Marie-Antoinette, la hype. Sauf que pour une fois, ce sont avant tout les 65+ qui succombent au buzz, les ex-amoureuses de Geoffroy de Perrac, tout un tas de vieilles salopes de droite nostalgiques du véritable Mur de Berlin social qui existait au XVIIIème siècle entre aristos, lustres de cristal et cochons de lait d’un côté; les gueux obligés de bouffer de la merde à la boue de l’autre. Mais soit. Là n’est pas mon propos.

 

Mon propos, c’est qu’on sait déjà ce qu’est Marie-Antoinette, le Film :

un gros délire BCBG-VIP en costard d’époque avec de la musique d’Aphex Twin, Gang of 4 et les Strokes. Un clip, quoi. Vienna d’Ultravox plutôt que Barry Lyndon II. Dès lors, moi, mon nouvel amusement, c’est de m’imaginer les hardes de 65+ à la sortie des salles. Imaginer leurs tronches déconfites, leurs critiques, leurs commentaires…

 

-« Dire qu’il y avait de si belles valses à l’époque… Je comprend vraiment pas pourquoi ils ont mis cette musique de casseroles. Enfin, c’étaient quand même de belles toilettes… »

 

-« Les toilettes étaient jolies. Et la fille est jolie aussi. Et les lumières, c’est joli. Et les garçons sont jolis, aussi… M’enfin, ça devait quand même être plus joli à l’époque. »

 

-« On a beau dire, elle avait tout pour être heureuse –de belles toilettes, de beaux hommes, de somptueux domiciles… Et pourtant, elle était pas heureuse… Ah ça, non… »

 

-« Madame du Barry, quelle classe, quand même. Quelles belles toilettes… Et son foie gras ! Un délice ! Oh, tu sais quoi, j’irais bien vite faire un saut chez Rob. »

 

-« Dis, tu crois que finalement, Louis et elle, ils ont ou ils ont pas ? Enfin... Je comprends que le pauvre homme avait du mal, ces belles toilettes, ça devait pas être facile à retirer, huhuhu... »

 

Des mêmes vieilles pies, prévoir à la sortie des films sur le 11 septembre le plus définitif encore : "ces tours, c'était quand même haut."

18:28 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

15/05/2006

PETER HOOK (élan poujadiste)

 

Le 17 juin au Bozar, c’est Vert Pop, la soirée dansante du Parti Ecolo. Peter Hook en vedette : bassiste chez New Order, bassiste chez Joy Division, patron à temps partiel de la mythique Hacienda de Manchester. Les Ecolos se veulent branchés, ils doivent être fiers d’avoir ferré ce gros poisson qu’on ne savait pas DJ, mais bon…

 

Le problème –sans atteindre celui posé à la crédibilité du MR qui invite Ariel Wizman – DJ attitré des Fêtes communistes de l’Huma- c’est que la légende veut que si on tend un paquet d’ectasy modifié aux OGM ou de la coke de Tchernobyl à Peter Hook, Peter Hook ne va pas hésiter : en beaucoup moins de temps qu’il ne faut à notre pays pour sortir du nucléaire, Peter Hook bouffera le paquet. Sucera ses doigts et ceux de celui qui le tendait, ce paquet. Aspirera la moquette avec ses narines. Peter Hook, les seules plantes dont il s’inquiète de la disparition, elles sont dans le jardin de Pablo Escobar. Peter Hook, les SUV, il en démonte les pots d’échappement pour s’en servir comme paille, il n’irait jamais appeler à leur interdiction. Peter Hook, les vols de nuit, ça ne l’empêche pas de dormir, Peter Hook ne dort pas, il s’écroule. Et quand il est écroulé, il peut en passer au-dessus de sa tièsse embrumée, des cargos DHL. Voilà donc le produit d’appel de la campagne Ecolo : un néon publicitaire humain pour l’industrie chimique. Peter Hook.

 

Ca en dit long, moi je trouve, sur les partis politiques, que l’organisation et la programmation de leurs fêtes. Peter Hook, la légende des années 80, c’est pareil à la nostalgie des baignades en Mer du Nord sans risquer la tasse de téflon. Wizman au MR, c’est l’appel d’offre dans toute sa splendeur : on n’y connaît rien, on est tous des vieux connards qui bamboulons encore sur Michel Sardou mais on a du picaillon plein les poches et si vous nous aidez à paraître un rien plus sexy aux yeux des électeurs, vous aurez du bon gâteau et une turlute de l’attachée parlementaire pétée au Bernard Massart. Quant à la fameuse Fête du Progrès du PS, c’est le Plan Marshall de la boule à facettes : de la dépense, du strass, un plein bourré massacre mais zéro prise de risques et tout le monde est là pour le cul et la bière. Et puis à la fin, on se demande où va la caisse…

 

Merde, voilà que j'écris comme les libertariens!!!

 

15:19 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

25/04/2006

LA SOCIETE DE CONVERSATION

Cette sinistre affaire de la Gare Centrale aura au moins prêté à sourire (jaune) sur un point : la façon dont elle fut commentée tant sur les blogs que dans les cafés du commerce et les médias confirme qu’on n’a plus besoin de savoir quoi que soit pour aller prétendre tout et son contraire. C’était (et cela reste) –entre autres- la faute aux bougnoules, au laxisme, au socialisme, au libéralisme, à Nike et à Apple….

Chacun y est allé de sa petite certitude alors qu’il n’y en avait aucune, de certitude, que des individus mal identifiés avaient tout bonnement disparus de la surface de la terre, emmenant dans le secret leurs motifs et leurs aveux. Les doigts plus ou moins vengeurs se sont cherchés un bouc émissaire et ont désignés les habituels croquemitaines du tissu social : les sarazins voleurs de poules, les feignasses scolaires, les politiciens corrompus, les flics pansus… On a parlé de réaction citoyenne exemplaire alors qu’il n’y a eu –mis à part du côté de la famille de Joe, effectivement très digne- qu’étalage de belgitude ordinaire : radotages de gros cons, racisme et récupération ordurière.

Le meurtrier et son complice étant finalement polonais –autant dire plus européens qu’une majorité d’entre-nous, avec notre sang venu d’on ne sait où-, la sentence serait cruelle pour tous ces donneurs de leçons. Encore que cela ne les arrêtera sans doute pas. Ils n’ont plus besoin d’informations, leur stock d’idées fixes suffit. Il ne s’agit plus pour eux de discuter ou de débattre des faits, il s’agit de greffer le plus vite possible, sur n’importe quel évènement, leur propagande personnelle.

Bientôt, ils en arriveront à discuter d’évènements avant même qu’ils ne se produisent. Un pochard sort du Walvis, glisse sur le pavé, tombe la tête la première dans le canal et se noie. Ce serait la faute aux socialistes, aux libéraux, à l’inventeur du pavé, au canal mal drainé, au professeur de gym trop laxiste qui a permis au type de brosser les cours de natation quand il était gamin, à Vedett, à Frédéric Nicolai, à John Coltrane qui passait sur la sono… Tout cela pour dire que la société de conversation, ça nous fait beaucoup de concierges dans l’escalier.

18:02 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |