23/08/2005

PERCUSSION D'OVAIRES

 

Bien que l’homosexualité soit un penchant aussi naturel que le rire devant les chiffres de Belgacom TV, certains la considèrent toujours comme une déviance. Spectaculaire, l’homophobie l’est surtout sur la scène reggae, des stars comme Beenie Man ou Capleton appelant régulièrement leur public à pendre les pédés par les couilles ou à saigner les fiottes..

 

A Bruxelles, le rastafarisme anti-gay n’existe pas, sinon, partiellement, au sein d’un collectif obscur de la scène locale : le Mouv’ Ref. Dans Le Soir du 20 août dernier, l’un de ses leaders, Harvey ASK-1 lâchait encore : Il n’y a pas de développement de l’humanité sans conjonction de l’homme et de la femme. Je revendique haut et fort mon hétérosexualité. Ce qui, dans l’ambiance du moment, me paraît parfois nécessaire. Il faut pouvoir s’affirmer. Sans complexe. Et je le fais parce que je n’aime pas les atmosphères de décadence comme celle de l’Empire romain. 

 

Cette interview annonce le premier single solo de Harvey ASK-1, Percussion d’Ovaires, où dans un style proche de Capleton, le talentueux toaster franc-maçon passé des cénacles politiques aux scènes rastafariennes, aligne riddims machistes et piques à l’égard des gays.

 

Les notes de pochette sont on ne peut plus claires : La percussion d’ovaires, c’est la mère de toutes les créativités. L’homme naît de la percussion d’ovaires et de l’homme naît le développement des libertés. C’est pourquoi le Grand Jah-rchitecte de l’Univers a créé les ovaires, pour que l’homme les percute et se montre digne de poursuivre son œuvre dans l’Infini. Préférer les voies alternatives aux ovaires, c’est rester dans l’enfance en jouant au dentiste et en remuant le caca.

 

Le combat pour les premières places du TOP-50 risque toutefois d’être difficile, d’autant que d’autres membres du Mouv’Ref lancent eux aussi leurs albums : Doc Desthexe avec son A Point Saignant ou surtout le très attendu District 1030 de Duke Arm.


17:17 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

18/08/2005

JE VOUS SALUE, STEEVY

 

Une vie de Jésus par les Frères Dardenne. On en sait désormais un peu plus sur ce fameux projet révélé il y a quelques semaines par nos confrères du journal Le Monde. Pas de fariboles mystiques au menu : ce sera l’histoire, dixit, d’un homme qui marche (sur l’Eau d’Heure, avec des skis nautiques), l’histoire d’un homme qui se bat, l’histoire d’un homme qui transfigure (à coups de barres à mines, dans les escadrons d’Orazzio).

 

Voici les premières lignes du scénario : scène un, extérieur nuit, Seraing. Une lumière dans le ciel de Noël. Elle bouge. La ville est en émoi : serait-ce le retour tant attendu de nos Camarades des Etoiles déjà venus visiter la région en 1989 ? Et si c’était autre chose qu’un OVNI ? Un signe divin, par exemple ? La lumière descend sur la ville. Elle s’approche de la maison de Luigi Peronilli, le garagiste dont la femme vient d’accoucher. Le bon peuple accourt, tombe à genoux, entame des chants liturgiques.

 

Flap-flap-flap-flap-flap-flap , fait la lumière. Ecoutez, ce sont les ailes des Anges , crie quelqu’un. La lumière se transforme alors en faisceau puissant et éclaire la chambre du bambin, ses petits yeux interloqués, ses petites mains qui se crispent sur son âne en peluche. Seraing pleure sa joie : voici Jésus, le Retour, même s’il se prénomme Steevy. Adieu, socialisme, adieu métallurgie…

 

C’est le Temps des Cathédrales et des t-shirts œcuméniques à vendre aux bigots polonais en pèlerinage. Jamais vu un tel miracle wallon depuis le coup de pédale de Claudy Criquelion. A genoux sur son porche, Luigi Peronilli implore et remercie La Destinée.

 

C’est à ce moment là que la lumière parle, avec un fort accent flamand : Luigi Peronilli ? Pouliche Fédérale , vous êtes en état d’arrestation pour trafic de pots d’échappements de voitures de luxe avec les Pays de l’Est. Et l’hélicoptère des pandores de se poser.

 

L’ardeur Dardenne : toujours prem’s sur le vécu sociétal !


16:13 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/08/2005

LES CASQUES D'OR SAUTENT SUR L'AVENUE ARIANE

 

Je connais peu de blondes. Dans le boulot, dans la vie, dans mes souvenirs horizontaux, ce ne sont que brunes, châtaignes et rousses (enfin rousses, pas vraiment, mais je peux encore frimer, non ?).

 

J’ai bien une excellente amie blonde mais si elle oublie sa teinture, c’est caca d’oie plus qu’épi d’or. Je vis donc dans un monde sans blondes. Pourtant, dès que j’allume la télé belge, c’est de la blonde au kilo. J’aimerais donc bien savoir dans quelle mystérieuse matrice touille-t-on la salsepareille et la margarine pour que du glougloutant mélange en sortent ces aryennes pimpettes. Parce qu’il est indéniable que c’est du travail industriel : elles ont toutes un air à avoir forcé sur le Pisang Ambon, des épaules dénudées, le rire haut perché et un sourire faisant penser qu’elles mangent des cintres.

 

A voir leurs facultés de langage réduites, on peut aussi penser que les modules vocaux viennent des soldes de chez Leernhout & Hauspie : à part demander d’envoyer des SMS pour gagner une sucette Télévie ou crier quel talent ! aux blagues copyright 1982 d’André Lamy, ces femmes parlent en effet peu. Pour mesurer le degré de blondeur d’une blonde de télé belge, il est une question sensée agir comme le test Voight-Kampff sur les Répliquants du film Blade Runner : Paris, vous y pensez ?.

 

Si elle répond oui mais non, peut-être… et que ses dents trouent soudainement la moquette, c’est une vraie blonde de télé belge. Si c’est plutôt Oh ben, j’ai tenté ma chance mais c’est une mare aux requins là-bas alors que La Une est une entreprise beaucoup plus familiale, c’est une blonde en train de brunir et elle ne va tarder pas à présenter le cinéclub au Jacques Franck.

 

Enfin, si la blonde de télé belge est généralement associée à l’innocence et à la concupiscence, un certain Général Stryker nous avertit : C’est une cinquième colonne !  C’est une invasion de Wallo-Brabançonnes qui se prépare !

 

Allons donc, Général…



13:35 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |