08/10/2005

REMEMBER BERENICE

Je n’ai pas vu pour vous (9)

 

Cette semaine, je n’ai pas vu pour vous « Alien Contre Predator », un film qui sort aujourd’hui sur nos écrans et que beaucoup de spectateurs qualifient déjà « d’à la con. »

 

«Alien contre Predator », c’est bien évidemment la rencontre soi-disant au sommet entre ce gros cafard looké comme Grace Jones de la série Alien, avec Sigourney Weaver, et Predator, l’espèce de rastaquouère à tête d’anus de babouin semblant tout droit sorti d’une chorégraphie de Charleroi-Danse et qui donnait déjà tant de fil à retordre à Schwarzenegger dans les années 80.

 

Alors, c’est vrai que faire se rencontrer ces deux zigues dans un film, sur l’Echelle de Gogo, ça semble relever du niveau de la pizza aux fruits de mer en plein Ilot Sacré. Les avis glanés sur Internet donnent d’ailleurs un aperçu pour le moins mitigé de ce qu’en pense le public : 

 

«C’est comme un  reportage de 30 millions d’amis sur deux espèces de grosses tapettes extra-terrestres », nous dit Gorgo, lutteur à mains nues sur la Foire de Liège, qui rajoute : « Qu’ils y viennent, ces 2 fayots, pour voir… Y a que Guy Mathot qui me fasse peur ! »

 

«Si la languette devient bleue, je cours faire tricoter des layettes par Papa », nous hurle Mélissa I de Bruxelles, qui confond visiblement Predator avec Predictor.   

 

« Une puissante allégorie sur ce qui se passe aujourd’hui aux Etats-Unis », nous sort quant à lui le Bon Père de Burnes, du diocèse de Couillet, qui trouve aussi « qu’il y a plein de rapprochements symboliques à faire entre Alien, Predator, John Kerry et George Bush. » 

 

D’abord, il y a le slogan du film, qui dit que  « Qui que soit le vainqueur… nous serons tous perdants ». Ce qui est le sentiment partagé par tous ceux qui pensent que l’Amérique en tant que super-puissance se doit d’être gouvernée par une sorte de super-Guy Spitaels et non pas par Chapi le Bleu ou Chapo le Rouge.

 

Sinon Alien, c’est bien évidemment John Kerry : il a une longue tête, des grandes dents, un penchant pour le ketchup, ça fait flip-flop quand il marche et il a même fricoté avec les Français dans le temps puisque c’est Jean-Pierre Jeunet qui a réalisé le quatrième épisode de ses aventures.

 

Predator, je vous le donne en mille, c’est George Bush : il a fait mumuse avec Schwarzenegger, il fout un boxon pas possible, il est sur-armé, il marche comme John Wayne après s’être pris la braguette contre le cactus et il a même l’air pas bien malin une fois qu’on lui enlève son casque intégral. Certains disent même qu’il a une bosse bizarre dans le dos…

 

(et il gagne à la fin du film)

 

 

BREAK

 

On est en pleine séance de kip-kap avec « Alien Contre Predator » en guise de cochonaille

et s’il y a bien un truc dont j’aimerais vous faire part au sujet de ce genre de film de série D, c’est l’immense plaisir que j’ai à remonter aux sources de leurs créations scénaristiques.  

 

 

Alors, c’est dit pompeusement mais c’est en fait tout simple et tout bête. Il suffit d’essayer de retrouver la raison platement quotidienne ayant entraîné le déclic d’une histoire où, seulement après, se sont rajoutés les délires cosmiques et les monstres en polystyrène.

 

Prenons le cas des films de zombies, par exemple… On pense toujours que ce qui motive l’écriture d’un film de zombies, c’est la lecture de la Bible avec les morts qui reviennent le jour du jugement dernier, la crainte de la Bombe avec un H comme Hippies, etc… Hé bien, pas du tout. Car qui dit zombies, pense paranoïa, oppression d’une foule de cons, etc… Bref, c’est une vision romancée des sentiments ressentis par tout un chacun LE PREMIER JOUR DES SOLDES ! 

 

Donc voilà, le type qui écrit une histoire de zombies, ben c’est très simple, sa femme l’a entraîné en ville un premier juillet tombé un samedi et il est rentré chez lui avec l’envie de tuer la terre entière ! D’ailleurs, les meilleurs films de zombies se passent tous dans des centres commerciaux : un signe !

 

Alien, c’est pas très compliqué non plus. En partant faire les soldes, le même type a laissé traîner son petit déjeuner. Quand il revient, badaboum, la cuisine est infestée de bestioles ultra-résistantes qui courent plus vite que les tapettes et ne toussent même pas quand on leur balance de la citronnelle à la tronche. Bref, c’est une horreur pire qu’un concert de Lorie et à l’écrit, ça nous donne Alien après qu’on ait rajouté les vaisseaux spaciaux et tout le tintouin.

 

Et « Alien Contre Predator » alors, c’est quoi le déclic ? Et bien, c’est autre chose encore. En fait « Alien Contre Predator » est à la base un jeu sur PC qui est considéré comme l’un des plus effrayants et hystériques jamais conceptualisés.

 

Le problème avec un jeu sur PC, on du se dire les producteurs, c’est qu’une fois déboursés les 80 euros, le joueur en fait vraiment ce qu’il veut. Le truc avec le film, c’est donc de faire un retour en arrière, comme au temps des luna-parks, en faisant payer chaque partie. Bref, il faut leur rendre la monnaie de leur pièce : aller au cinéma avec 7, 50 euros en pièces de 20. 



19:48 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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