10/11/2005

SO NICE IN BERENICE

 

JE N’AI PAS VU POUR VOUS (3)

 

Cette semaine, je n’ai pas vu pour vous un documentaire qui sort aujourd’hui sur nos écrans et qui s’intitule Super Size Me. Les Québécois ont appelé ça Malbouffe à l’Américaine et pour une fois, ils n’ont pas trop abusé d’huile de scooter des neiges puisque c’est exactement de cela qu’il s’agit.

 

Morgan Spurlock, le réalisateur, a passé un mois entier à manger 3 fois par jour chez McDonalds en plus d’interroger des spécialistes de la nutrition et des obèses dans plus de 20 villes américaines. Tout cela pour répondre à une simple question : Good Lord, why, but why est-ce dans l’axe du bien, we have a so big fat pépètte ?

 

Sa réponse, vous l’aurez deviné, c’est qu’il y a au pays du lait et du miel, un enfoiré de clown d’origine écossaise qui fait enfler la population à l’aide de portions de frites géantes et d’hamburgers de mammouths arrosés aux litrons de ketchup ; le tout à faire passer avec un réservoir à paille de 5 litres de mazout à bulles. Ce qu’on appelle le Super Size, donc. La portion géante. Un truc typique aux Etats-Unis… Et pas que chez Mc Donalds d’ailleurs, puisque la moindre cantine familiale vous sert là-bas une assiette que même André Flahaut et Louis Michel réunis n’arriveraient pas à finir.

 

Il n’en faut pas plus pour titiller notre sophistication romantico-post-modernique-godardo-europénne-primo-anti-amérloque. Voilà en effet un film où le personnage principal semble passer son temps à vomir et enfoncer les portes ouvertes et pourtant, TOUT LE MONDE VEUT DEJA LE VOIR. Tout cela parce que l’Américain s’y montre peu préparé (hahaha).   

 

C’est ignoble ! Aujourd’hui, on est peut-être en Europe à l’ère des barquettes allégées et des rillettes roulées au doigt de pied sous les aisselles mais il n’en a pas toujours été comme ça. Rappelez-vous qu’au moins jusqu’au milieu du 20ème siècle, mourir d’un infarctus à 50 ans la tête la première dans une choucroute était du plus grand chic dans la bonne bourgeoisie. Allez en Flandres regarder les oeuvres de Breughel l’Ancien et rendez-vous compte que sur ces tableaux, même le Petit Jésus avait un gros cul, ce qui en dit long sur les kilos quotidiens de soupe de patates avalés par les gueux et les sangliers entiers bouffés par les seigneurs.

 

Bref, qu’on aille pas critiquer les amerloques parce qu’ils bouffent mal. On a fait pire dans le temps. Et on a d’ailleurs aucune, je dis bien aucune, solution à leur proposer…

 

BREAK

 

Je n’ai donc pas vu pour vous Super Size Me, le documentaire de Morgan Spurlock qui cause de la malbouffe américaine, aujourd’hui sur les écrans et j’expliquais qu’on n’avait, au regard de notre histoire euro-pondérale, pas trop de leçons à donner aux Américains. Ce n’est pas que je défende spécialement le fast-food, hein… C’est juste que le principe du film me turlupine super size, justement.

 

Parce que bon, bouffer 3 fois par jour chez McDo, c’est pas pire que bouffer 3 fois par jours n’importe quoi, en fait. Des asperges, par exemple. Ca a l’air bon, comme ça, les asperges. N’empêche, vous mougnez 3 fois par jour des asperges et je vous dis pas comment vous allez vous ramasser un missile Tomahawk sur la tête en allant aux waters tout cela parce que les satellites américains auront pensé avoir découvert une usine chimique clandestine.

 

Des moules, aussi. Hmmmmm, ce que c’est bon, les moules. N’empêche, vous en mangez 3 fois par jour et non seulement votre foie ressemblera vite à un brise-lame mais votre estomac se vidangera également façon Sea-Life de Blankenberghe : y a tout qui part, sauf les petits animaux !

 

Quoi d’autre ? Que des légumes 3 fois par jour ? Non mais vous avez vu Moby ? Vous avez vraiment envie de devenir comme Moby ? Bon, d’accord, moi, c’est Slash, de Guns & Roses, qui me donne envie mais je peux comprendre pour Moby. Slash, pour votre gouverne, c’est 3 bouteilles de bourbon par jour, c’est pas mal, mais on en revient un peu à l’effet Sea Life donc vaut mieux pas, finalement.

 

Le fromage de tête et les rillettes, hmmm, c’est bon, ça, le fromage de tête et les rillettes. Seulement, mangez en 3 fois par jour et si vous survivez aux pontages mensuels, il vous poussera une moustache recourbée sous le nez et vous finirez bouclier humain chez Arafat ou djembé vivant dans le Radio Boumba Sound System de Manu le Chao, avec la peau du ventre bien tendue où taper dessus en cadence.  

 

Vous voyez où je veux en venir ? Bouffer plus rien que des pilules. Et ça, c’est justement le thème d’un film que j’adore et qui ressort ces jours-ci en DVD, c’est THX 1138, un classique de la science-fiction sombre et paranoïaque des années 70. La nausée sur l’un et la digestion sur l’autre, c’est peut-être un tout bon plan, finalement.


13:19 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

HOLIDAY ON BERENICE

 

Je n’ai pas vu pour vous (7)

 

Cette semaine, je n’ai pas vu pour vous Arsène Lupin, le film de Jean-Paul Salomé qui sort aujourd’hui sur nos écrans. Ou devrais-je dire Arsène Lupix puisqu’il semble bien que le personnage de gentleman-cambrioleur soit revisité à la sauce Matrix. Curieusement, les critiques ne sont pas désastreuses, plutôt même très polies : on parle d’un film tourné comme une bédé, d’une bonne interprétation, de scènes amusantes et distrayantes…

 

Mais bon, quoi de plus normal que de se méfier d’une grosse production française pleine d’effets spéciaux après  

*** Vidox (qui a relancé la consommation de Malox) 

*** Blueberrix (vous voyez ça avec la gueule de bois et vous passez le restant de votre vie à chercher Dieu dans le Pier de Blankenberghe) 

*** Le Grand Blix (qui est une sorte de suite du Grand Bleu se passant en Irak à la recherche d’armes de destruction massives)

 

D’après ce que j’ai pu en lire sur le web, Arsène Lupin est un film qui se défendrait donc pas mal. Il faut dire que l’Arsène a l’air d’avoir encore et toujours beaucoup de fans et bénéficie de la part du public d’un sacré capital-sympathie. Ca m’a étonné parce que pour moi Arsène Lupin, c’est les bouquins que vous offrez à votre grande tante avec les pâtes de fruits et les VHS d’André Rieu.

 

C’est vrai, quoi : une gentleman cambrioleur, c’est n’importe quoi, un truc d’un autre âge. Vous m’imaginez en train de m’arranger de façon courtoise avec les gens que je vais dérober ?

 

-« Bonjour Madame La Comtesse, Jean-Charles Bronson à l’appareil. Je vous téléphone parce que nous aimerions convenir d’une date à laquelle vous ne seriez pas à votre domicile afin de venir vous emprunter un peu de votre argenterie pour les 30 années à venir et réceptionner votre home-cinema afin de le revendre dimanche matin au Marché des Abattoirs. Prendrons-nous le thé afin d’en discuter ? »

 

Qu’est-ce que vous croyez qu’elle va me répondre, la bonne dame, hein? D’aller me muscler la culotte de cheval à Athènes, parfaitement ! Tandis que si j’y vais :

 

-« Sale prostipatéticienne, je t’appelles du compteur à gaz dans la cave et j’ai mon briquet dessous. Alors tu vas foutre ta télé, tous les fils qui vont avec et les couteaux à mémé sur le palier ou alors je fais sauter l’immeuble. »

 

Là, il y a des chances que vous rentriez chez vous avec un gros butin sous le bras en sifflotant (air de Dutronc)

 

« je suis un bad boy, le king of the world, Tony Montana…Tonyyyyy »

 

BREAK

 

Je n’ai donc pas vu pour vous Arsène Lupin ou Arsène Lupix, c’est selon, et on parlait avant le break des côtés à priori un petit peu ringards du personnage. Tout ce trip Belle Epoque avec les cols amidonnés, les déjeuners aux pieds de porcs et les baises-mains aux rombières. Et bien, apparament, tout cela a été remixé façon djeune. Sur la bande annonce, des fiacres en feu se prennent des gamelles façon Jackass et l’Arsène (qui n’a pas 30 ans) fait même du kung-fu… Enfin, de la « savate française », dit le dossier de presse, histoire de se la jouer « exception culturelle ».

 

Mais bon… On a bien compris le truc : bim-bam-boum… A ce train là, quand ils feront Derrix, l’Inspecteur favori des grands-mères sera un jeune punk dans l’Allemagne des années 70, poursuivant la bande à Baader et sniffant durant ses temps libres de la colle avec Nick Cave.

 

Ou alors, il y aura un nouveau Prince Noir et ce sera le cheval du Mollah Omar. Enfin, bon, il y a un truc que je commence à comprendre, c’est que mon avis, finalement, vous gêne autant qu’un cassoulet après une choucroute un dimanche matin d’été à Abidjan. Aussi, vous ai-je dégotté quelques critiques de spectateurs ayant vraiment vraiment vu Arsène Lupix, histoire que nos auditeurs puissent se faire une idée plus objective du film.

 

« C’est un film à voir, surtout en avant-première », nous dit un certain Daniel D. d’Ixelles auquel je rappelle de tout de même bien demander au comptable si un ticket de cinéma est fiscalement déductible dans le cadre d’une activité politique.

« Pour les amateurs de beaux paysages français, d’aventures, de romance et de belles toilettes », nous dit Le Président de Pispotspotting, l’association belge des amateurs de belles toilettes, justement.

« Romain Duris, dans le rôle d’Arsène Lupin, est tout simplement beau », nous disent l’entièreté des magazines féminins consultés auxquels il faudrait tout de même rappeler que dans la vraie vie, Romain Duris a plein de poils sur la gueule, s’habille comme un gitan, mange beaucoup de dürüms et ne lève jamais la planche quand il va au petit coin.

 

Comment je sais ça ? C’est son oncle Ben, qui me l’a dit. Ben Duris, c’est ami mais je ne le vois pas souvent car l’oncle Ben Duris ne colle jamais.

 

Bon allez, sur ce, amusez-vous bien avec Arsène Lupix …


13:14 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |