13/03/2006

POUR MON TABERNAK DANS TON CALISSE

Connaissez-vous les publicités Beliris ? Elles passent sur Télé-Bruxelles et vantent ces accords de coopération dont je n’ai toujours pas compris le tiers de la moitié du quart du principe mais qui, en très très gros, transforment généralement un bête trou tout pourri en tour de verre poli… Bref, en plus urbain, c’est une combinaison du vieil effet Impulse et de la Tornade Ajax. Avec sans doute aussi un zeste de Principe Bakshish… Mais ça, c’est une autre histoire…

 

Ces publicités Beliris fonctionnent sur un principe aussi simple que débilitant, en 3 temps :

1/ une connasse bobo filmée à Molenbeek en noir et blanc tremblotant façon Lars Von Trier se plaint des voitures, des avions, des grues, du gris, des colleurs d’affiche, de la STIB, des pigeons, de Godzilla... C’est généralement sensé se passer en 1991.

2/ Un intermittent du spectacle drapé d’un ciré jaune se fait passer pour un entrepreneur et lâche deux, trois conneries du style « là, on a planté 35 orangers du Paraguay » ou encore « ici, on va creuser un parcours de skateboard en site propre ».

3/ La même connasse bobo cette fois filmée au Wolvendael en couleur extra-flash se fait pipi dessus : elle adooooore le renouveau de son quartier et remercie Beliris d’avoir passé au karcher toute cette grisaille. C’est généralement sensé se passer en 2006 mais la connasse bobo n’a pas pris une ride (sans doute l’effet d’un bon régime au kiwi).  

 

Tombe alors le slogan : « Beliris, pour une ville où vos enfants grandissent ».

 

Le summum de l’infantilisation, de la branlette politico-tictoc démago, la brique dans le bide… Nianiania… Alors là, moi, pour calmer mon envie de balancer une benne à ordure dans son parterre de crocus, à la connasse bobo, son régime au kiwi et sa propagande neuneue, je me suis inventé un bon petit jeu : trouver un slogan rimé à la fois plus idiot et plus conforme aux réalités du terrain bruxellois. On zyva :  

 

BELIRIS

« Pour des trottoirs où les vieillards glissent »

« Pour des cerisiers contre lesquels les chiens pissent »

« Pour des projets que seul Henri Simons applaudisse »

« Pour une ville à l’architecture lisse »,

« Pour des briques que les tags salissent »

« Pour des pots-de-vins plein de malice »

21:51 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

09/03/2006

TOUT VA TRES BIEN, MADAME LA...

En ayant assez bien ras mon aardappel d’être un argent dormant et ressentant le long du portefeuille l’envie de replonger dans le grand bain du journalisme de comptoir, je m’en suis allé agiter à Zaventem mon gros micro sous le nez d’Anne-Marie Lizin alors qu’elle revenait de sa promenade d’agrément à Guantanamo Bay. Un peu lâchée après avoir sifflé la caisse de Bacardi offerte par Donald Rumsfeld en guise de retour d’ascenseur, notre présidente du Sénat s’est montrée un poil plus confidente que dans les journaux officiels : « Dans nos prisons belges, le papier de toilette est proche de l’émeri, c’est affreux ! A Guantanamo, les détenus ont droit à du PQ de luxe, présenté non pas en rouleau mais sous forme de livre relié –comme c’est original !- et chaque couche est une jolie feuille avec dessus de la calligraphie arabe en guise de décoration… »

« La situation des prisonniers s’améliore, oui, oui, oui, oui ! Dorénavant, les Américains éteignent la lumière et la techno quand c’est le quart d’heure du dodo… »

« L’ambiance est presque conviviale. Ils ont des petits jeux complètement wizz, comme Touche-Chienchien. Le truc, c’est comme à chat mais avec un rottweiler affamé. Il faut trouver un endroit où le toutou ne peut pas vous toucher. La présence de barbelés et de clôtures électriques présente une difficulté supplémentaire… Mais ce n’est pas pire que Fort Boyard et d’ailleurs, si c’était moi, je préfèrerais de loin jouer avec un chienchien que tripoter des mygales. »

« Les méthodes d’interrogatoire sont désormais plus soft, oui, oui, oui, oui ! Si le prisonnier continue affirmer ne jamais avoir rencontré Oussama Ben Laden après 4 ans de pentothal, d’électrodes et de torture, on se contente de coups de bottin pour lui faire cracher où est le Mollah Omar. »

« Oussama et moi, on a quand même un truc en commun, hihihi. Dès que le gouvernement foire, je sors une connerie de mon grand chapeau et toutes les têtes se tournent vers Huy pendant que la pilule fédérale se dissout dans le grand verre d’eau, mouhahahaaaaaaaaaaaa… »

18:32 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/11/2005

SO NICE IN BERENICE

 

JE N’AI PAS VU POUR VOUS (3)

 

Cette semaine, je n’ai pas vu pour vous un documentaire qui sort aujourd’hui sur nos écrans et qui s’intitule Super Size Me. Les Québécois ont appelé ça Malbouffe à l’Américaine et pour une fois, ils n’ont pas trop abusé d’huile de scooter des neiges puisque c’est exactement de cela qu’il s’agit.

 

Morgan Spurlock, le réalisateur, a passé un mois entier à manger 3 fois par jour chez McDonalds en plus d’interroger des spécialistes de la nutrition et des obèses dans plus de 20 villes américaines. Tout cela pour répondre à une simple question : Good Lord, why, but why est-ce dans l’axe du bien, we have a so big fat pépètte ?

 

Sa réponse, vous l’aurez deviné, c’est qu’il y a au pays du lait et du miel, un enfoiré de clown d’origine écossaise qui fait enfler la population à l’aide de portions de frites géantes et d’hamburgers de mammouths arrosés aux litrons de ketchup ; le tout à faire passer avec un réservoir à paille de 5 litres de mazout à bulles. Ce qu’on appelle le Super Size, donc. La portion géante. Un truc typique aux Etats-Unis… Et pas que chez Mc Donalds d’ailleurs, puisque la moindre cantine familiale vous sert là-bas une assiette que même André Flahaut et Louis Michel réunis n’arriveraient pas à finir.

 

Il n’en faut pas plus pour titiller notre sophistication romantico-post-modernique-godardo-europénne-primo-anti-amérloque. Voilà en effet un film où le personnage principal semble passer son temps à vomir et enfoncer les portes ouvertes et pourtant, TOUT LE MONDE VEUT DEJA LE VOIR. Tout cela parce que l’Américain s’y montre peu préparé (hahaha).   

 

C’est ignoble ! Aujourd’hui, on est peut-être en Europe à l’ère des barquettes allégées et des rillettes roulées au doigt de pied sous les aisselles mais il n’en a pas toujours été comme ça. Rappelez-vous qu’au moins jusqu’au milieu du 20ème siècle, mourir d’un infarctus à 50 ans la tête la première dans une choucroute était du plus grand chic dans la bonne bourgeoisie. Allez en Flandres regarder les oeuvres de Breughel l’Ancien et rendez-vous compte que sur ces tableaux, même le Petit Jésus avait un gros cul, ce qui en dit long sur les kilos quotidiens de soupe de patates avalés par les gueux et les sangliers entiers bouffés par les seigneurs.

 

Bref, qu’on aille pas critiquer les amerloques parce qu’ils bouffent mal. On a fait pire dans le temps. Et on a d’ailleurs aucune, je dis bien aucune, solution à leur proposer…

 

BREAK

 

Je n’ai donc pas vu pour vous Super Size Me, le documentaire de Morgan Spurlock qui cause de la malbouffe américaine, aujourd’hui sur les écrans et j’expliquais qu’on n’avait, au regard de notre histoire euro-pondérale, pas trop de leçons à donner aux Américains. Ce n’est pas que je défende spécialement le fast-food, hein… C’est juste que le principe du film me turlupine super size, justement.

 

Parce que bon, bouffer 3 fois par jour chez McDo, c’est pas pire que bouffer 3 fois par jours n’importe quoi, en fait. Des asperges, par exemple. Ca a l’air bon, comme ça, les asperges. N’empêche, vous mougnez 3 fois par jour des asperges et je vous dis pas comment vous allez vous ramasser un missile Tomahawk sur la tête en allant aux waters tout cela parce que les satellites américains auront pensé avoir découvert une usine chimique clandestine.

 

Des moules, aussi. Hmmmmm, ce que c’est bon, les moules. N’empêche, vous en mangez 3 fois par jour et non seulement votre foie ressemblera vite à un brise-lame mais votre estomac se vidangera également façon Sea-Life de Blankenberghe : y a tout qui part, sauf les petits animaux !

 

Quoi d’autre ? Que des légumes 3 fois par jour ? Non mais vous avez vu Moby ? Vous avez vraiment envie de devenir comme Moby ? Bon, d’accord, moi, c’est Slash, de Guns & Roses, qui me donne envie mais je peux comprendre pour Moby. Slash, pour votre gouverne, c’est 3 bouteilles de bourbon par jour, c’est pas mal, mais on en revient un peu à l’effet Sea Life donc vaut mieux pas, finalement.

 

Le fromage de tête et les rillettes, hmmm, c’est bon, ça, le fromage de tête et les rillettes. Seulement, mangez en 3 fois par jour et si vous survivez aux pontages mensuels, il vous poussera une moustache recourbée sous le nez et vous finirez bouclier humain chez Arafat ou djembé vivant dans le Radio Boumba Sound System de Manu le Chao, avec la peau du ventre bien tendue où taper dessus en cadence.  

 

Vous voyez où je veux en venir ? Bouffer plus rien que des pilules. Et ça, c’est justement le thème d’un film que j’adore et qui ressort ces jours-ci en DVD, c’est THX 1138, un classique de la science-fiction sombre et paranoïaque des années 70. La nausée sur l’un et la digestion sur l’autre, c’est peut-être un tout bon plan, finalement.


13:19 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |