18/08/2005

JE VOUS SALUE, STEEVY

 

Une vie de Jésus par les Frères Dardenne. On en sait désormais un peu plus sur ce fameux projet révélé il y a quelques semaines par nos confrères du journal Le Monde. Pas de fariboles mystiques au menu : ce sera l’histoire, dixit, d’un homme qui marche (sur l’Eau d’Heure, avec des skis nautiques), l’histoire d’un homme qui se bat, l’histoire d’un homme qui transfigure (à coups de barres à mines, dans les escadrons d’Orazzio).

 

Voici les premières lignes du scénario : scène un, extérieur nuit, Seraing. Une lumière dans le ciel de Noël. Elle bouge. La ville est en émoi : serait-ce le retour tant attendu de nos Camarades des Etoiles déjà venus visiter la région en 1989 ? Et si c’était autre chose qu’un OVNI ? Un signe divin, par exemple ? La lumière descend sur la ville. Elle s’approche de la maison de Luigi Peronilli, le garagiste dont la femme vient d’accoucher. Le bon peuple accourt, tombe à genoux, entame des chants liturgiques.

 

Flap-flap-flap-flap-flap-flap , fait la lumière. Ecoutez, ce sont les ailes des Anges , crie quelqu’un. La lumière se transforme alors en faisceau puissant et éclaire la chambre du bambin, ses petits yeux interloqués, ses petites mains qui se crispent sur son âne en peluche. Seraing pleure sa joie : voici Jésus, le Retour, même s’il se prénomme Steevy. Adieu, socialisme, adieu métallurgie…

 

C’est le Temps des Cathédrales et des t-shirts œcuméniques à vendre aux bigots polonais en pèlerinage. Jamais vu un tel miracle wallon depuis le coup de pédale de Claudy Criquelion. A genoux sur son porche, Luigi Peronilli implore et remercie La Destinée.

 

C’est à ce moment là que la lumière parle, avec un fort accent flamand : Luigi Peronilli ? Pouliche Fédérale , vous êtes en état d’arrestation pour trafic de pots d’échappements de voitures de luxe avec les Pays de l’Est. Et l’hélicoptère des pandores de se poser.

 

L’ardeur Dardenne : toujours prem’s sur le vécu sociétal !


16:13 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/08/2005

LES CASQUES D'OR SAUTENT SUR L'AVENUE ARIANE

 

Je connais peu de blondes. Dans le boulot, dans la vie, dans mes souvenirs horizontaux, ce ne sont que brunes, châtaignes et rousses (enfin rousses, pas vraiment, mais je peux encore frimer, non ?).

 

J’ai bien une excellente amie blonde mais si elle oublie sa teinture, c’est caca d’oie plus qu’épi d’or. Je vis donc dans un monde sans blondes. Pourtant, dès que j’allume la télé belge, c’est de la blonde au kilo. J’aimerais donc bien savoir dans quelle mystérieuse matrice touille-t-on la salsepareille et la margarine pour que du glougloutant mélange en sortent ces aryennes pimpettes. Parce qu’il est indéniable que c’est du travail industriel : elles ont toutes un air à avoir forcé sur le Pisang Ambon, des épaules dénudées, le rire haut perché et un sourire faisant penser qu’elles mangent des cintres.

 

A voir leurs facultés de langage réduites, on peut aussi penser que les modules vocaux viennent des soldes de chez Leernhout & Hauspie : à part demander d’envoyer des SMS pour gagner une sucette Télévie ou crier quel talent ! aux blagues copyright 1982 d’André Lamy, ces femmes parlent en effet peu. Pour mesurer le degré de blondeur d’une blonde de télé belge, il est une question sensée agir comme le test Voight-Kampff sur les Répliquants du film Blade Runner : Paris, vous y pensez ?.

 

Si elle répond oui mais non, peut-être… et que ses dents trouent soudainement la moquette, c’est une vraie blonde de télé belge. Si c’est plutôt Oh ben, j’ai tenté ma chance mais c’est une mare aux requins là-bas alors que La Une est une entreprise beaucoup plus familiale, c’est une blonde en train de brunir et elle ne va tarder pas à présenter le cinéclub au Jacques Franck.

 

Enfin, si la blonde de télé belge est généralement associée à l’innocence et à la concupiscence, un certain Général Stryker nous avertit : C’est une cinquième colonne !  C’est une invasion de Wallo-Brabançonnes qui se prépare !

 

Allons donc, Général…



13:35 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

POUR UN SYNDICALISME AWARE

 

En Indonésie, en Irak, en Europe même, quand des manifestants descendent dans les rues, il y en a désormais toujours une poignée pour brandir des calicots écrits en anglais. Evidemment, beaucoup de ces pancartes sont là pour rappeler à Bush Junior que quelque part dans un ranch au Texas, l’attend Pénélope, cette fameuse petite chèvre qui en a marre de faire tapisserie pendant que son homme joue avec les coucougnettes de l’Histoire.

 

Quoi qu’il en soit, ces types ont malgré tout capté qu’avec des panneaux anglophones, ils mondialisent leurs revendications : n’importe qui regardant BBC World ou surfant sur cnn.com captera de suite pourquoi ces gugusses brandissent le poing. Act local, think global, si vous préférez. Le syndicalisme belgo-belge devrait en prendre de la graine. Si la working class défilait avec des banderoles Copernic Your Mother,  Georoute Of Order, Bierset It Off, Let Introduce The Third Paying ou VW The World & VW It Now, ça ferait en effet jaser de Lima à Islamabad et un type qui râle à Islamabad, c’est bien connu, c’est un papillon qui se prend un phare sur l’échangeur d’Erps-Kwerps.

 

The Butterfly Effect, si vous préférez, everything is linked in a global village. Ce qui est tout bonnard pour nos syndicats, ça, l’effet  mouche de beurre : plus besoin en effet de caisses noires et de détournements de fonds pour se payer des abris côtiers à La Panne une fois qu’on intéresse la terre entière. In the contrario, on monnaye en toute transparence des interviews à Larry King, on explique le mic-mac mutualiste à Berkeley et on vend ensuite son lot de vieux t-shirts FGTB à 35 dollars aux beatniks du coin.

 

Ne reste alors plus qu’à faire chanter l’Internationale par Beyoncé et là, carton : militants et inscriptions à la pelle :  International, say my name, International, ha-hein, ha-hein, get up all your damned of the earth, ha-hein, ha-hein, say my name, International, zip-zip-zip-zip-scratch-scratch…


13:31 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |