13/08/2005

AUTOMNE-HIVER 2004

 

Se moquer des tenues vestimentaires ! Me promener Avenue Louise et ricaner devant les blondes de 65 ans à lunettes solaires super-larges et aux lourds nénés prisonniers de t-shirts roses taille Lolita. Partir en virée à La Doudingue et tenter de tenir le compte des chemises blanches à fines lignes verticales vertes, cet uniforme de pizzaïolo des quartiers chics. Siffloter la marche de Darth Vader à chaque fois que je croise des dames vêtues de noir de la tête aux pieds.

 

Héler un taxi et être sûr que le chauffeur portera une veste de cuir douteuse. Soit le modèle court, brun et fripé de Claude Brasseur dans ses polars eighties, soit celui mi-long et tout à fait noir qui semble être l’uniforme des gardes du corps albanais dans les films passant sur AB3. Remarquer que si cet été, la mode affectionnait les chemises noires à lignes diagonales pourpres et les jupes de putes javellisées, le grand chic actuel, c’est le blazer en velours côtelé spécialement tricoté pour la chasse au renard et le sac de couchage au fond troué pour laisser passer les pieds. Noter également que dans le street-wear, on en reste encore et toujours aux pantalons baillant à l’arrière comme après un trop plein d’osso bucco.

 

Pour le tout à fait improbable, évidemment penser à prendre rendez-vous dans un ministère et se délecter des débardeurs verts sur chemises jaunes et autres pulls à perles ressemblant à des restes de chats sur qui on aurait éternué des huîtres. Filer vers Dansaert et tenter la devinette linguistique : si le type porte des lunettes triangulaires dont les verres semblent avoir été découpés dans des vitraux de cathédrale et que son accoutrement ressemble à celui d’un figurant de Blade Runner, est-ce vraiment un flamand cultureux ?


13:26 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/07/2005

LE COTE GLITTER DE LA FORCE

 

Et donc, Anakin Skywalker qui s’appelait Yves qui s’appelait Blaise s’appelle désormais Darth Vader. Ca ne vous rappelle rien ? Carl de Moncharline, pardi… Carl De Rijck, devenu par la grâce de l’Empereur (de son boulevard, plutôt) et sous un pseudo de star la terreur absolue des noctambules bruxellois !

 

A minuit, l’haleine d’un bouc tombé dans le Red Bull, vous sortez de chez vous bien décidé à aller vous déchirer la tête à grands renforts de bières plates dans un infâme boui-boui tenu par des chiens à capuchons et des punks à trois pattes. Et bien, non… Badaboum ! Darth de Moncharline apparaît, tout essoufflé de traverser la ville en rollers :

 

Je suis ton père, ouf-ouf, tu ne peux pas aller là, ouf-ouf, viens plutôt danser la house FM, ouf-ouf, dans le superbe endroit ultra-trendy super-lounge domotico-branchawa, ouf-ouf, ouvert par l’ami de mon ami l’ami des amis de tes amis, ouf-ouf, avec des garçons coiffeurs et des militantes à bonnets C, ouf-ouf, c’est une initiative Darth de Moncharline, ouf-ouf. 

 

Rebelle dans l’âme, vous à qui ça ne dit rien, vous y allez alors d’un bon Ouais mais non, moi je veux le retour du DJ Aïe ! (ndr : très forte, celle-là). Et là, soudainement, La Force… Vous avez du mal à respirer, vous tremblotez, vous ne pouvez plus soutenir le regard de Darth de Moncharline. Il pointe sur vous son fameux canon-laser à mousse de Bantah et vous sentez opérer l’horrible métamorphose : il vous pousse sur le dos une chemise de maffieux russe à lignes diagonales brunes et bleues, vos grolles deviennent des baskets de marque, votre coiffure se tonyandguyïse, votre menton pousse en avant et dans votre main droite, vous sentez le poids d’une clé de contact pour Range Rover customisée.

 

Bref, vous vous métrosexualisez, mon cher… Vous êtes même déjà complètement du Côté Glitter de La Force. Vous riez des pièces de Sébastien Ministru, vous supportez la musique du You, vous faites la bise à Madame Wittamer, vous avez 4 GSM. C’est Fou-tu.  




18:58 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

25/07/2005

BUSINESS AS USUAL

 

Le 7 juillet à Londres, on décomptait les morts avant de donner des nouvelles de la Bourse. Un peu plus de deux semaines plus tard, en Egypte, certains hôteliers conjuraient les touristes de ne pas décamper malgré le désastre. Tony Blair le martèle, les experts le martèlent : il faut continuer à vivre normalement, consommer, sinon les terroristes auront gagné.

 

Moi, je pensais que gagner pour les terroristes, c’était de voir décamper les troupes étrangères d’Irak, fermer les bases américaines d’Arabie Saoudite et admirer chuter le PNB israélien jusqu’à ce qu’il soit à peine supérieur à la recette de la buvette de la Gare du Congrès. Et bien, que nenni : le terroriste gagne quand s’arrête la consommation. Bref, 56 morts, 88 morts mais tant que le Dow Jones reste stable, Oussama  l’a dans le cul.

 

Combattre l’Axe du Mal est dès lors une occupation à la portée de tous. Il suffit de rafler un coffret Buffy Contre les Vampires à la FNAC ou un paquet de pulls chez Massimo Dutti. S’endetter chez d’Ieteren jusqu’en 2018, marteler l’album de Coldplay sur son I-Pod. On dit que c’est la Troisième ou même Quatrième Guerre Mondiale ? Et alors ?

 

C’est super hype, un bon réservoir d’articles tendances pour les magazines féminins. Comment garder sa contenance devant un type s’étant pris cinq bastosses dans la tête ? Mon homme se laisse pousser la barbe, dois-je le dénoncer à Interpol ? Gilets pare-balles et poitrines plates : les solutions !

 

Dans le même genre, moi, je n’ai qu’un conseil à vous donner : rappelez-vous vos grands-mères durant l’occupation nazie, qui portaient toujours une culotte propre au cas où elle se feraient arrêter et foutre à poil par la Gestapo. Noble leçon à remixer pour cette rentrée : quelle victoire, en effet, pour les terroristes si votre sac à la morgue ne contient pas le dernier Amélie Nothomb et un flambant caméraphone submersible à sonnerie polyphonique. Vous savez, celui qui permet de prendre des photos de blessés graves pour les vendre à CNN.

 

Un acte très patriotique, lui aussi.


18:10 Écrit par dikke jiss | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |